Les traités fondateurs : construire quelque chose de nouveau
Paris, 1951 : La première expérience
La première grande étape fut franchie en 1951 avec le traité de Paris, qui créa la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) . Mais il s’agissait de bien plus qu’un simple accord commercial.
Pourquoi le charbon et l’acier ? Ces industries étaient essentielles à la fabrication d’armes. Si les pays en partageaient le contrôle, il leur serait plus difficile de se faire la guerre. Six pays y ont adhéré : la France, l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.
La CECA a créé quelque chose de totalement nouveau : des institutions partagées . Elle comprenait :
- Un leader indépendant
- Un parlement
- Un moyen pour les ministres de chaque pays de se rencontrer
- Un tribunal pour tous les membres
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C’était totalement inédit, révolutionnaire . Les pays cédaient une partie de leur indépendance aux institutions communes . C’était un test. Allait-il fonctionner ?
Rome, 1957 : Le Marché commun
La CECA a été un succès. Les six mêmes pays ont donc décidé d’aller plus loin. En 1957, ils ont signé les traités de Rome. Ils ont repris les éléments de la CECA et créé deux nouvelles entités : la Communauté économique européenne (CEE) et Euratom.
Qu’est-ce qui rendait la CEE si particulière ? Elle a instauré les quatre libertés :
- Libre circulation des choses (marchandises)
- Libre circulation des travailleurs (services)
- Libre circulation des capitaux
- La libre circulation des personnes
L’objectif était ambitieux : créer un marché commun aussi vaste que celui des États-Unis. Mais les traités de Rome incluaient quelque chose d’encore plus important : « une union toujours plus étroite entre les peuples d’Europe ». Cela signifiait que les efforts pour partager toujours plus de biens et de ressources communs se poursuivraient et s’intensifieraient avec le temps – c’est ce que nous appelons l’ intégration européenne, car elle consiste à rassembler des éléments distincts. Par exemple, le travail : les citoyens étaient désormais autorisés à travailler dans n’importe quel pays.
Ces traités ont également renforcé les mécanismes de prise de décision commune ( institutions ). Ils ont donné naissance à ce qui allait devenir l’Union européenne actuelle.
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Traités ultérieurs : Approfondissement de l’Union
L’histoire ne s’arrête pas là. L’ intégration européenne s’est poursuivie avec de nouveaux traités :
Le traité de Maastricht (1992) a marqué un tournant décisif. Il a transformé la Communauté européenne en Union européenne. Surtout, il a permis la fusion des économies de chaque pays et la création de l’euro (€).
Le traité de Lisbonne (2007) a simplifié la prise de décision. Le Parlement européen a également vu ses pouvoirs renforcés. Il a par ailleurs doté l’UE d’un ministre des Affaires étrangères , appelé Haut Représentant pour les Affaires étrangères .
Chaque traité répondait à des besoins pratiques et impliquait des compromis. Le résultat ? Une entité internationale qui échappe aux conceptions traditionnelles. Ce n’est ni un pays, ni une organisation internationale ( comme l’ONU ou l’OCDE ). C’est quelque chose d’unique.
Aujourd’hui , l’UE est confrontée à un défi majeur : la règle de l’unanimité. Pour de nombreuses décisions importantes – comme la politique étrangère, la fiscalité ou l’admission de nouveaux membres – l’accord de tous les pays est indispensable. Un seul pays peut bloquer l’ensemble des décisions. Certains estiment que cette règle était justifiée avec six pays en 1951, mais plus avec 27. Elle rend l’UE lente et parfois incapable d’agir.
Certains dirigeants souhaitent changer cela. Ils prônent un système de vote plus large, où les décisions sont adoptées si un nombre suffisant (mais pas forcément la totalité) de pays sont d’accord. D’autres s’y opposent. Ils affirment que l’unanimité protège les pays d’une influence excessive. Ce débat soulève une question démocratique fondamentale : comment prendre des décisions plus rapidement tout en respectant l’avis de chacun ?
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